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Pêche côtière et aquaculture
 - 20 September 2021

Le RESOLAG, un réseau d’observation des lagons pour améliorer la filière perlicole en Polynésie française

Débuté en 2018, le Réseau d’Observation des Lagons de Polynésie (RESOLAG) peut, depuis 2020, compter sur l’appui du programme PROTEGE pour mener à bien ses missions.

Mis en place par la Direction des Ressources Marines (DRM) afin d’évaluer la bonne santé des lagons perlicoles en regard de l’activité perlicole, le RESOLAG a pour vocation de mieux comprendre les interactions entre les élevages d’huîtres perlières et les variations des paramètres de l’eau du lagon.

Pourquoi un réseau d’observation ?

La perliculture est la deuxième ressource économique de la Polynésie française. La qualité des perles produites est fortement dépendante de la bonne santé des huîtres ainsi que de la qualité du milieu d’élevage donc du lagon. Comprendre comment les variations des paramètres du lagon, tels que la température ou les quantités de ressources alimentaires disponibles (le phytoplancton), impactent la bonne santé des huîtres est primordiale pour sécuriser la filière. D’autre part, dans un souci de gestion durable des lagons polynésiens, l’impact cumulé des fermes perlières dans un seul et même lagon doit faire l’objet d’un suivi rigoureux car chaque lagon a une capacité de charge spécifique au-delà de laquelle l’intégrité du lagon peut être atteint. L’exemple du lagon de Takaroa est flagrant, atoll pionnier dans le développement de la perliculture, le lagon de Takaroa fut pendant longtemps le plus productif en quantité de naissains collectés et de production de perles. Cependant entre 2013 et 2014 un vaiti’a (bloom de phytoplancton) d’une grande ampleur a lourdement impacté le lagon et induit une importante mortalité d’huîtres. Depuis le lagon de Takaroa n’est plus exploitable pour la perliculture.  

Comment suivre un lagon ?

Des instruments de mesure sont déployés dans les lagons d’intérêt prioritaire pour la filière perlicole. Ces instruments enregistrent en continu (1 mesure par heure) les paramètres de l’eau (température, salinité, oxygène, turbidité et la quantité de chlorophylle a) et permettent de suivre l’évolution de ceux-ci sur de longues périodes. Cette collecte d’informations est complétée par les données météorologiques mises à disposition par Météo-France, comme la force et la direction du vent, et permet aussi de mieux comprendre l’impact des phénomènes atmosphériques sur le lagon (température de l’eau, courant). Enfin les huîtres elles-mêmes sont des sentinelles de l’état de santé du lagon. Un suivi de la population sauvage d’huîtres à l’intérieur d’un lagon est un véritable indicateur biologique de la santé du milieu.

Comment réduire l’impact environnemental de la filière perlicole grâce au RESOLAG ?

Les données et informations collectées par le réseau ainsi que les recherches menées en parallèle doivent permettre la mise en place d’un zonage de l’activité perlicole au sein d’un lagon. Il s’agit principalement d’identifier les zones les plus favorables au collectage et à l’élevage pour ainsi optimiser l’exploitation de ces zones en réduisant l’emprise globale de l’activité perlicole au sein d’un même lagon.

En regard de la capacité de charge d’un lagon, à ce jour, la loi de pays encadrant la perliculture a introduit la notion de « Plafond écologique » qui limite la surface lagonaire autorisée à l’exploitation perlicole à 10%, 8% ou 5% selon que lagon en question soit « ouvert », « semi-ouvert » ou « fermé ». Cependant la réelle capacité de charge d’un lagon est complexe à évaluer. RESOLAG doit ainsi permettre la mise en place d’indicateurs environnementaux suffisamment sensibles à la détection d’une dégradation générale d’un lagon afin d’affiner les valeurs individuelles des plafonds écologiques.

Quelles sont les difficultés d’un tel réseau ?

La Polynésie s’étend sur 5,5 millions de kilomètres carrés et la perliculture se fait sur une trentaine d’îles regroupant 648 professionnels dont 349 producteurs de perles. RESOLAG suit 5 îles perlicoles définies comme prioritaires. Certaines de ces îles sont très isolées ce qui rend les suivis très compliqués. Le déploiement et l’entretien des instruments de mesure nécessitent des missions régulières dans les îles, ce qui a un coût non négligeable auquel s’ajoute l’achat des instruments.

En termes de moyen humain, RESOLAG est mis en œuvre par un seul technicien de la DRM entièrement financé par le programme PROTEGE. Pérenniser RESOLAG sur du long terme sera un enjeu important à concrétiser à la fin du projet PROTEGE.

La définition d’indicateurs pertinents de l’état d’un lagon soumis à une influence perlicole est une étape difficile. Chaque lagon a ses spécificités et sur une surface maritime aussi grande, les facteurs environnementaux sont aussi différents selon les régions.

Le réseau est aujourd’hui en constante évolution pour améliorer la qualité des données collectées par rapport aux coûts engendrés. Grâce à l’amélioration des technologies existantes, de nouveaux outils pour le suivi de nos lagons sont aujourd’hui envisageables et permettront de réduire les coûts d’acquisition tels que la collecte de données par satellite et la fabrication d’instruments à plus bas prix.

Comptage de nacres issus des collecteurs
Comptage de nacres issus des collecteurs

 

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